Lalbinisme,
étiologie fréquente des nystagmus congénitaux.
Dr DUNCOMBE-POULET Catherine
18 Rue Constant Forget, 14000 Caen.
Albinismes oculo-cutanés, albinisme oculaire, nystagmus congénital, photophobie.
Oculocutaneous albinism, ocular albinism, congenital nystagmus, photophobia.
Albinismes oculo-cutanés simples, albinismes oculaires, albinismes complexes associés à une pathologie grave sont des affections métaboliques héréditaires dont la classification est revue au fur et à mesure des découvertes des mutations génétiques responsables.
Les manifestations oculaires ne sont pas spécifiques mais deux signes sont quasi pathognomoniques : la transillumination irienne dans les nystagmus et lasymétrie croisée des PEV dans les formes frustes.
La pathogénie de la malvoyance nest pas élucidée. Quelle est la relation entre lanomalie de synthèse de la mélanine dans lépithélium pigmenté de la rétine, lhypoplasie maculaire, lanomalie de décussation des fibres optiques et le nystagmus ?
Il ny a pas encore de traitement de lalbinisme mais nystagmus et photophobie peuvent être minimisés par un équipement optique précoce adapté.
Le but de cette communication est de présenter une revue de lalbinisme sous la forme de questions qui se posent aux cliniciens, aux patients et à leurs familles, confrontés à cette affection.
PLAN : lalbinisme en questions
Quest-ce que lalbinisme ?
Quelle est la fréquence de lalbinisme ?
Quelles sont les manifestations oculaires de lalbinisme ?
Comment faire le diagnostic dalbinisme ?
Comment se transmet lalbinisme ?
Quels sont les autres syndromes oculo-cutanés saccompagnant dune hypopigmentation ?
Quelles attitudes thérapeutiques adopter ?
Le terme albinisme regroupe un ensemble daffections héréditaires liées à lanomalie de biosynthèse de la mélanine, pigment élaboré dans des cellules spécialisées de la peau, des cheveux, de liris, de lépithélium pigmenté de la rétine et de loreille interne.
On distingue :
Il sagit dune affection universelle dont lincidence générale est de 1/20 000 naissances.
Aux USA la fréquence chez les Afro-Américains est 1/12 000.
Dans certaines régions elle est de 1/1000 (Niger, Ile dAland).
Lalbinisme est la cause denviron 25% des nystagmus sensoriels.(2)
Elles sont au premier plan dans les pays tempérés.
La photophobie et les signes oculomoteurs ne sont pas spécifiques : nystagmus, strabisme, torticolis oculaire, amétropie forte sont diversement associés et réalisent des tableaux cliniques variés.
Lalbinisme serait à lorigine de 5 à 10% des malvoyances dans le monde.
·
le nystagmus
congénital.
Ses circonstances de découverte sont variables.
Il peut être ample et se manifester dès le 4ème mois de vie lors de la maturation de la fovéola chez un nourrisson malvoyant.
Il peut être discret et être passé inaperçu ; il est alors décelé lors dun bilan strabologique, lors dun examen de dépistage de lenfant à lexamen en lampe à fente, voire lors dun examen familial un autre membre de la famille étant atteint dalbinisme.
Il est de type congénital essentiel (15), pendulaire le plus souvent ou pendulo-ressort (à phase lente de vitesse croissante lors des enregistrements), horizontal le plus souvent, avec position de blocage (dans laquelle les battements peuvent être atténués voire disparaître) dans 60% des cas ? Cette zone de fixation privilégiée est recherchée par le patient au prix dun torticolis concordant qui peut-être horizontal, vertical ou mixte et nécessiter un traitement chirurgical oculomoteur.
Il est parfois accompagné dun nystagmus de la tête.
Il saccentue à léblouissement, diminue avec le port de la correction optique.
Les amétropies associées sont surtout lastigmatisme fort, lhypermétropie moyenne ou forte. La myopie forte est plus rare.
Elle est proportionnelle à limportance de lhypopigmentation irienne.
Elle peut-être majeure, invalidante voire responsable dune attitude tête fléchie de lenfant ébloui.
Elle peut être discrète et se manifester uniquement en période ensoleillée.
Tous les types de strabismes sont possibles y compris les strabismes précoces avec nystagmus manifeste-latent.
En présence dune ésotropie nystagmique un possible mécanisme de blocage en convergence du nystagmus est à évoquer.
Les exotropies sont fréquentes peut-être favorisées par lanomalie de décussation des fibres optiques.
Ils sont souvent à petit angle et dans leur genèse est évoquée lhypoplasie maculaire.
Ils peuvent saccompagner dune attitude de fixation déterminée par lil dominant.
Le risque damblyopie strabique apparaît faible.
Peu nombreux sont les sujets à vision binoculaire normale cest à dire avec stéréopsie (6, 13).
- dorigine fonctionnelle et donc accessible au traitement optique qui vise à minimiser la photophobie et le nystagmus dès le plus jeune âge.
- dorigine organique mais on ne connaît pas la relation entre lanomalie initiale de la mélanogénèse dans lépithélium pigmenté de la rétine au stade embryonnaire et sa répercussion sur le développement des photorécepteurs maculaires puis des voies visuelles sensorielles et motrices (13).
Elle peut-être profonde (acuité visuelle réduite de loin à 1/20) mais plus souvent moyenne (acuité visuelle 2/10).
Dans la forme complète le nouveau-né présente un retard dacquisition des réflexes visuels.
Dans les formes incomplètes cette malvoyance peut satténuer avec lâge.
Lacuité visuelle peut même atteindre 5 à 6 /10 et donc être compatible avec lobtention du permis de conduire.
Elle est meilleure de près R3-R2 en sapprochant ce qui permet une scolarité intégrée.
Elle ne saméliore pas en vision binoculaire sauf dans la position privilégiée du regard ; lacuité visuelle monoculaire peut cependant être moins bonne en cas de nystagmus latent surajouté et doit donc être testée avec une pénalisation devant lil non fixant plutôt quune occlusion.
Elle ne saggrave en dehors de pathologie oculaire associée.
La vision des couleurs est normale sauf dans une forme rare.
Il ny a pas danomalie du champ visuel.
Dans la forme complète elle est évidente car généralisée : à travers liris diaphane, bleu clair ou gris la zonule et léquateur du cristallin sont visibles: cest le classique il rose (reflet rouge de la pupille sous certaines incidences déclairage et sur les photos).
Dans les formes incomplètes elle est uniquement visible à la lampe à fente ; laspect diffus, ponctué, en triangle, en rayons de roue, la localisation et le nombre de quadrants atteints doivent être soigneusement décrits car un certain degré de pigmentation peut apparaître lors de la croissance (notamment au bord pupillaire plus riche en mélanocytes et dans la partie moyenne du stroma plus épais). Sa recherche à laide dune source lumineuse posée sur la sclère ou sur la paupière inférieure (test de rétroillumination sclérale) est facile à réaliser à tout âge.
Rappelons que la coloration de liris dépend du degré de pigmentation des mélanocytes (de l épithélium antérieur et du stroma où la mélanogénèse se poursuit dans les mois qui suivent la naissance ) et des cellules épithéliales postérieures (où la mélanogénèse seffectue vers le 6 ème mois de vie intra-utérine) ainsi que de la nature du pigment mélanique. La détermination génétique de la couleur de liris est multi-factorielle.
Dans lalbinisme complet toutes les structures iriennes sont dépigmentées liris apparaît gris bleu.
Dans lalbinisme incomplet lépithélium pigmenté postérieur réfléchit la lumière (seul le stroma est dépigmenté) : liris est bleu, bicolore voire marron.
La rétine apparaît jaunâtre sillonnée par les vaisseaux choroïdiens anormalement visibles.
Le reflet fovéal physiologique est absent témoin de lhypoplasie fovéale ; la macula apparaît plus rouge que le reste du fond dil (3).
Cet aspect nest pas corrélé avec lacuité visuelle (16).
Il est stable car la mélanogénèse débutée à la 5e semaine de vie embryonnaire est terminée à la naissance ou peu après.
Un bilan électrophysiologique de départ est réalisé dans de nombreux centres chez le nourrisson malvoyant et/ou porteur de nystagmus : ERG et PEV sont normaux.
Les PEV et notamment les PEV à damiers sont particulièrement utiles dans les formes frustes de découverte tardive car ils mettent en évidence un autre signe quasi-pathognomonique de lalbinisme : lasymétrie de réponse croisée lors de la stimulation monoculaire, témoin de lanomalie de décussation des fibres temporales du nerf optique (1, 7, 13). Il y a un retard de latence du côté de la stimulation car une partie des fibres temporales qui sont normalement directes vont décusser chez les patients atteints dalbinisme.
LERG peut montrer une onde b hyperample en scotopique et en photopique (2,11).
Il existe également une anomalie de décussation des fibres auditives et dans
certaines formes une diminution de laudition voire une surdité sensorielle.
Ils sont rarement discernables à la naissance chez les petits dorigine caucasienne et absents dans les formes oculaires dalbinisme.
Selon que lanomalie métabolique est située plus ou moins haut sur la chaîne métabolique de la mélanine et est plus ou moins complète lhypopigmentation sera plus ou moins sévère.
Dans la forme complète dalbinisme oculo-cutané lhypopigmentation est généralisée, définitive et indépendante de la race : la peau est rose, les cheveux, les cils et les sourcils sont blanc-neige.
Dans les formes incomplètes un certain degré de pigmentation peut apparaître lors de la croissance : naevi pigmentés, taches de rousseur , lentigo, possibilité de hale solaire. La couleur de la peau et des cheveux est influencée par la race du sujet atteint.
Différents types cliniques ont été décrits en fonction des phénotypes (12, 14) : albinisme platine, albinisme brun, albinisme jaune mutant, albinisme roux,, mais cette classification est abandonnée au profit dune classification basée sur les mutations génétiques responsables.
Les examens de laboratoire ne sont pas de pratique courante mais peuvent être utilisés pour déterminer le type dalbinisme en cause :
Cette réaction nest fiable quaprès 2 ans.
Un examen familial est indiqué à la recherche de signes frustes dalbinisme (4) chez les collatéraux et de signes chez les parents porteurs de la mutation allélique. En effet les parents hétérozygotes peuvent présenter une transillumination irienne (AOC1 et AO1) et des signes au fond dil (aspect en mosaïque de la pigmentation rétinienne chez les mères porteuses de lalbinisme oculaire AO1).
Lexamen clinique du patient et les examens de laboratoire orientent vers le diagnostic du type dalbinisme.
Mais cest la biologie moléculaire qui permet par lanalyse de lADN de confirmer le diagnostic en mettant en évidence la mutation génétique responsable de laffection (16).
Actuellement les diagnostics moléculaires sont effectuées pour cinq gènes : TYROSINASE, TYRP-1, TYRP-2 (tyrosinase-related protein), P, et le gène dune forme liée à lX.
La génétique des albinismes est exhaustivement
ou presque connue chez la souris : il existe au moins 10 souches distinctes de souris
mutantes.
Des renseignements rapides concernant la classification actuelle des albinismes en fonction des gènes découverts sont disponibles sur internet grâce au site OMIM (Online Mendelian Inheritance In Man) : http://www3.ncbi.nlm.nih.gov/omim/
Chaque affection y est répertoriée avec un numéro MIM selon la classification McKusick.
(rappel génétique :
le génome humain est constitué dADN
comportant plus de 150 000 gènes.
LADN est subdivisé au niveau du noyau
de la cellule en 23 paires de chromosomes.
Chaque paire est constituée dun
chromosome paternel et dun chromosome maternel.
Chaque gène est donc présent en double
exemplaire (il sagit de 2 allèles du même gène).
Les gènes sont situés sur des loci (endroit
précis dun chromosome donné).
Chaque chromosome est constitué dun
bras long q et dun bras court p réuni au point c.
Chaque segment chromosomique est divisé en
bande 1 2 3 puis en sous bande 1 2 3 4 etc
)
Les parents sont tous les deux porteurs de la mutation allélique (hétérozygotes) et le risque de transmission aux enfants est de 25% favorisé par la consanguinité.
Il en existe 3 types liés à 3 anomalies génétiques différentes :
AOC 1, forme tyrosinase négative, (MIM 203100).
Lanomalie génétique concerne le gène tyrosinase situé sur le bras long du chromosome 11 en 11q14-21 (coscas) ; plus de 50 mutations ont été décrites à ce jour.
ce gène code normalement pour lenzyme tyrosinase qui intervient au début la chaîne métabolique de la mélanine en transformant la tyrosine, acide aminé apporté par lalimentation.
Cette forme inclut la forme jaune mutant qui correspond également à une mutation du gène codant pour la tyrosinase ; cependant dans cette variante lactivité tyrosinase est présente mais aboutit à la synthèse de phaeomélanine et non deumélanine et le phénotype se rapproche de la forme 2 avec apparition dun certain degré de pigmentation dont lintensité dépend de la race. Le test dincubation est négatif mais laddition de cystéine à la tyrosine entraîne lapparition dune pigmentation identique à celle du roux à cause de la production dune phaeomélanine. En ME les mélanosomes sont de type phaeomélanosomes qui ne dépassent pas le stade III de maturation.
AOC 2, forme tyrosinase positive où un certain degré de pigmentation est possible lors de la croissance et où lacuité visuelle tend à saméliorer avec lâge ; autre appellation : albinoïdisme (MIM 203200).
Lanomalie génétique concerne le gène P situé sur le K15 en 15q11.2-q12 qui code pour un polypeptide transmembranaire transportant la tyrosinase.
Ces deux formes sont les plus fréquentes. Les enfants issus dun patient porteur dun OAC1 et dun patient porteur dun OAC2 seront tous hétérozygotes pour les deux types dalbinismes mais ne seront pas eux-mêmes atteints dalbinisme.
AOC3 (MIM 203290).
Lanomalie concerne le gène codant la protéine TYRP-1 situé sur le K9. Celle-ci de même que la protéine TYRP-2 (dopachrome-tautomérase) et la tyrosinase intervient au début de la synthèse de la mélanine.
Lanomalie est transmise par les mères (XX) hétérozygotes, seuls les garçons (XY) sont atteints (le risque est de 50%) et vont à leur tour transmettre à leurs filles.
Le risque de transmission est plus faible et la maladie plus rare 1/50 000.
Les mères porteuses présentent des anomalies typiques au fond dil dans 80% des cas (alternance de plages dhypo et dhyperpigmentation en mosaïque) et parfois un iris transilluminable.
On peut observer de discrètes anomalies cutanées (biopsie et ME : présence de macromélanosomes).
LAO1 type Nettleships-Falls est le plus fréquent. Le gène est situé sur le KX en Xp22.3 (MIM 300500) ; 8 mutations ont été déjà mises en évidence.
Il existe 3 autres types dont un de transmission autosomique récessive (qui serait en fait un OAC, le type Witkop OA3, MIM 203310).
OA 2 ou syndrome de Forsius Eriksson ou Aland Island Eye Disease (AIED) qui associe myopie sévère, protanopie et altération de la vision nocturne (MIM 300600).
Le gène est situé en Xp 11.4-p11.23 donc pas très loin du gène de la cécité congénitale nocturne (qui est à lorigine également dun nystagmus congénital).
OASD ou type Winship est semblable au type OA1 mais associé à une surdité neurosensorielle (MIM 300650).
·
les albinismes
complexes sont rares de transmission autosomale récessive
·
le syndrome dHermanski-Pudlak
(MIM
203300) :
cest en fréquence la 3ème forme dalbinisme associant :
-
un phénotype dAOC 2,
-
une anomalie de stockage des plaquettes
qui est à lorigine dun syndrome hémorragique dintensité variable
généralement mineur découvert lors de soins dentaires ou dépistaxis à
répétition [parfois hémorragie méningée (8)],
-
un dépôt tissulaire généralisé dune
substance riche en acides gras responsable de colite ulcéreuse, dalvéolite
fibrosante pulmonaire, de néphropathie
Le gène HPS1 est situé sur le K10.
Se méfier de cette forme chez un albinos qui saigne anormalement ou qui présente un allongement du temps de saignement.
une anomalie fonctionnelle des polynucléaires y est responsable dinfections à répétition et dun syndrome lymphoprolifératif malin vers lâge de 10 ans.
Le gène CHS1 est situé sur le K1.
les manifestations sont essentiellement cutanées et sassocient à un syndrome dimmunodéficience.
Le gène est situé en 15q21.
Une consultation génétique est utile et doit être proposée ; elle est indispensable dans les formes complexes où le pronostic vital est compromis.
Elle a également un intérêt scientifique. La détermination des mutations est capitale pour établir des corrélations phénotype/génotype et donc un pronostic visuel et cutané (Professeur Abitbol). Cest le ou la généticienne qui décidera de lopportunité dun prélèvement de biologie moléculaire.
Il existe en France une association qui finance les recherches sur la génétique des albinismes : " Genespoir " Association française des albinismes, 3 rue de la paix, 35000 Rennes.
Il ny a pas de diagnostic prénatal en Europe mais il peut être demandé dans certaines régions du globe terrestre où lexposition solaire est particulièrement violente et responsable de carcinomes cutanés.
En Europe les mélanomes cutanés ne sont pas
plus fréquents chez lalbinos que dans la population générale.
Il nécessite une foetoscopie entre la 16e et la 20e semaine de gestation avec étude en ME dun fragment de scalp ftal et/ou une amniocentèse avec étude de lADN des cellules ftales prélevées à la 14e semaine.
Il nest pas sans risque davortements et est réalisé après accord préalable davortement thérapeutique si positif.
La thérapie génique qui consiste en lintroduction du gène manquant dans le génome par un vecteur viral est à létude mais est encore loin de la pratique quotidienne.
Les éléments du diagnostic des types dalbinismes les plus fréquents sont résumés sous la forme dun tableau récapitulatif :
| TYPE | HYPOPIGMENTATION | BIOPSIE CUTANEE et ME |
HISTOCHIMIE test dincubation du bulbe pilaire et activité tyrosinase au sein des mélanocytes |
GENE |
| AOC1 | généralisée et définitive | mélanosomes immatures stade 1 et 2 |
activité tyrosinase nulle |
TYR (K 11) |
AOC2 |
généralisée ,
saméliore lors de la croissance |
mélanosomes
III et IV |
présente |
P
(K15) |
HP |
idem
AOC 2 |
plaquettes++
absence des corps denses plaquettaires |
normale |
K
10 |
AO
1 |
oculaire |
macromélanosomes |
normale |
KX |
CH |
idem
AOC2 |
macromélanosomes anomalie
de la lignée blanche |
normale |
K1 |
Lhypopigmentation physiologique .
Une hypopigmentation irienne et un aspect pâle du fond dil sont possibles les deux premières années de vie du fait de limmaturité du système pigmentaire. Elle est estimée à moins de 10% chez les enfants très blonds (9, 13, 14). Un retard de léveil visuel peut éventuellement être associé pour tout autre raison mais dans ce cas ne saccompagne pas de nystagmus ni de photophobie.
Un stroma irien plus mince et les cellules pigmentées de lépithélium postérieur de liris moins pigmentées en périphérie expliquent la transillumination ponctuée et périphérique dans les cas de tests positifs en dehors de lalbinisme.
Les affections héréditaires avec anomalie des mélanocytes.
Dans lalbinisme ils sont macroscopiquement normaux ; cest leur fonction de synthèse de la mélanine qui est perturbée. Dans les syndromes de Waardenburg (et le piébaldisme) la migration des mélanoblastes à partir des crêtes neurales et/ou leur différenciation lors de lembryogenèse est anormale et aboutit à une inhomogénéité de la pigmentation. Les mélanocytes cochléaires sont également concernés ce qui explique la fréquence de la surdité dans cette affection (10).
Il existe cependant une forme de syndrome de Waardenburg associée à un albinisme (MIM 103470) secondaire à une anomalie génétique du K11.
Les maladies chromosomiques par délétion dune partie du K15 :
syndrome de Prader Willi et syndrome dAngelman peuvent dans un faible nombre de cas comporter un AOC2.
Le syndrome dApert, craniosténose grave avec syndactylie des extrémités peut saccompagner dune hypopigmentation.
Il ny a pas encore de traitement de lalbinisme à proprement parler mais une attitude thérapeutique qui vise à minimiser lamblyopie fonctionnelle liée au nystagmus et à la photophobie dès le plus jeune âge et à optimiser les possibilités visuelles chez les patients qui souffrent dun inconfort parfois considérable.
Favoriser le meilleur développement visuel possible par un bon équipement
optique .
- par le port de la correction optique totale contrôlée par des cycloplégies courtes et répétées si besoin car lexamen de la réfraction peut être difficile.
- par la protection solaire de la rétine :
Lefficacité est jugée sur la diminution des signes fonctionnels et sur lamélioration du comportement visuel de lenfant plus que sur lacuité visuelle centrale difficile à tester et impossible à améliorer dans la majorité des cas. Des enregistrements du nystagmus ont montré une amélioration des tracés de la poursuite qui devient plus lisse (Professeur Hache).
Améliorer les possibilités visuelles : les aides visuelles , le traitement
chirurgical oculomoteur .
aides visuelles pour amblyopes mais aussi addition optique de près chez lenfant scolarisé quand lattitude liée au blocage du nystagmus le permet, au moyen de verres bifocaux ou progressifs (également chez les myopes qui préfèrent ôter leur correction optique en vision rapprochée).
le traitement chirurgical :
- du nystagmus par de grands reculs rétroéquatoriaux des muscles droits horizontaux (5).
- du torticolis
-
les prismes de faible puissance dont larête
est placée dans le sens du blocage sont rarement une solution à terme et va être
discuté plus ou moins tôt selon le degré du torticolis, lopportunité dun
déplacement de la zone de blocage du nystagmus en position primaire (mise en divergence
artificielle en cas de blocage en convergence, intervention de Kestenbaum- Anderson
horizontal +/- vertical)
-
du strabisme (en cas de torticolis
associé celui-ci est corrigé sur lil dominant et le strabisme sur lil
dominé).
IL nécessite une analyse oculomotrice soigneuse des mécanismes de compensation (15) et éventuellement un enregistrement électronystagmographique.
Il est indiqué le plus tard possible afin de ne pas induire de strabisme ; cela permet en outre dutiliser des sutures réglables.
Mais il est parfois indiqué chez le jeune enfant quand le torticolis est majeur ou associé à un fort astigmatisme difficile à compenser optiquement : la meilleure acuité est rarement utilisée et la correction optique ne peut jamais être centrée correctement.
Ne pas négliger la surveillance ophtalmologique habituelle.
Le but de cette présentation est dattirer lattention des ophtalmologistes
et des orthoptistes sur cette pathologie générale à expression oculomotrice riche et den
faciliter la compréhension afin daméliorer la prise en charge des patients
albinos.